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FILMS A VOIR DANS LES SALLES EN CE MOMENT

LES FILMS A VOIR CETTE SEMAINE......

"The Guilty", "Maya l'Abeille 2. Les Jeux du miel"... Les films à voir (ou pas) cette semaine

 
"Le Père d'Italia", "Come As You Are", "Mon tissu préféré", "Paul Sanchez est revenu !","Ant-man et la guêpe", "Fleuve noir". Ils sortent tous en salles ce mercredi 18 juillet. "

 

♥♥♥ "The Guilty", par Gustav Möller. Polar danois, avec Jakob Cedergren (1h25).

Incroyable, miraculeux, ce film. Les quatre-vingt-cinq minutes de "The Guilty" sont électriques. Pendant tout le temps, on est devant un visage, un écran d'ordinateur ou un téléphone, et pourtant le suspense suffirait à inciter un maître zen à se mettre au Temesta-vodka.

Le premier film de Gustav Möller, 30 ans, est un concentré de stress sous amphètes. Jamais on ne quitte le centre d'appels, jamais on ne voit les victimes, jamais la caméra ne sort, et pourtant on est rivé. Tout se passe sous les néons d'une salle froide, avec une rage froide qui sous-tend l'image. L'acteur, Jakob Cedergren, présent dans chaque plan, est habité, dirigé avec une précision d'arpenteur maniaque. Tandis que là, quelque part, se joue un drame où les coupables ("The Guilty") ne sont peut-être pas ceux qu'on croit, le film passe de la lumière cassante et impersonnelle de l'alert room à la demi-obscurité d'un bureau délaissé.

Le réalisateur et son scénariste, Emil Nygaard Albertsen, réussissent l'impossible : réinventer un genre décédé. Des "Maudits", de René Clément (1945), à "Phone Game", de Joel Schumacher (2002), en passant par "Répulsion", de Roman Polanski (1965), "Panic Room", de David Fincher (2002), le huis clos étouffant a été utilisé, réutilisé – et usé à mort.

C'est "Douze Hommes en colère", de Sidney Lumet (1957), drame à haute tension, qui a inspiré Möller. Bonne pioche : tout, image, son, ambiance, est soumis à une dramatisation constante, dans " The Guilty ". L'urgence monte avec un sound design ultra-fin. L'image, peu à peu, capte l'ombre. Le visage ­d'Asger se fracture sous l'effet de ses erreurs, et de sa nécessaire rédemption. Là-bas, quelque part, dans la nuit, l'humanité sombre dans un crime impardonnable. Ici, dans la salle de cinéma, le spectateur est en survoltage.

François Forestier

♥♥ "Maya l'Abeille 2. Les Jeux du miel", par Noël Cleary et Sergio Delfino. Dessin animé allemand, avec la voix de Jenifer Bartoli (1h23).

Maya a décidé de porter les couleurs de sa ruche aux Grands Jeux du Miel. A la tête d'une équipe de bras cassés, elle va tout mettre en œuvre pour réaliser l'impossible : battre la championne en titre, une petite princesse pimbêche, fille d'une impératrice autoritaire. Un dessin animé pour les tout-petits, industriel et lisse dans sa fabrication, mais boosté par un scénario espiègle et tendre qui dit la valeur des laissés-pour-compte et met en garde contre l'ingérence toxique de ces parents qui poussent leurs enfants à triompher par procuration, là où ils ont échoué.

Xavier Leherpeur

♥♥ "Le Père d'Italia", par Fabio Mollo. Comédie dramatique italienne, avec Luca Marinelli, Isabella Ragonese, Anna Ferruzzo (1h32).

Homosexuel solitaire, Paolo croise un soir l'exubérante Mia, qui l'embarque à sa suite dans une traversée chaotique de l'Italie et l'implique dans sa grossesse à venir. Sans savoir que la question d'avoir un enfant fut à l'origine de la séparation du jeune homme avec son amant. Une comédie acide et mélancolique, au rythme parfois inégal, mais qui scrute le trouble des identités sexuelles, évoque ces familles homoparentales niées par l'actuel gouvernement italien et remet en question, sans militantisme appuyé, la définition de la famille et des liens du sang.

Xavier Leherpeur

♥♥ "Come As You Are", par Desirée Akhavan. Comédie dramatique américaine, avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, John Gallagher Jr. (1h31).

Cela se passe en 1993, cela pourrait, hélas, avoir lieu aujourd'hui. Cameron Post, une adolescente lesbienne, est envoyée par sa tante et tutrice (elle est orpheline) chez les disciples de la Promesse de Dieu, un camp de rééducation évangélique, pour guérir de son homosexualité. Au programme : thérapie de groupe, concerts de rock chrétien, cours de gym bénédiction. Une certaine idée de l'enfer sur terre que la réalisatrice Desiree Akhavan traite sur un ton doux-amer, par petites touches empreintes d'une drôlerie qui n'élude pas la gravité. A l'image de Chloë Grace Moretz, impeccable interprète de Cameron Post, dont le visage impénétrable exprime autant la curiosité que la stupeur. Loin des clichés, le film reste sur les rails d'un cinéma indépendant américain qui tient sur ses acteurs plus que sur ses intuitions de mise en scène.

Nicolas Schaller

♥♥ "Mon tissu préféré", par Gaya Jiji. Drame franco-germano-turc, avec Manal Issa, Ula Tabari, Mariah Tannoury (1h35).

2011. Nahla vit à Damas avec sa mère et ses deux sœurs. Refusant le mariage arrangé avec un expatrié qui la mettrait à l'abri du séisme agitant son pays, elle préfère traîner dans le lupanar que tient, en dessous de chez elle, une bienveillante mère maquerelle. Nahla observe, fantasme et épie les clients, dont un soldat fétichiste de la lecture de contes, tandis qu'à l'extérieur les manifestations sombrent dans la violence et annoncent la guerre civile. Gaya Jiji, réalisatrice syrienne basée à Paris, raconte une sexualité féminine naissante durant le "printemps arabe", ponctue son récit en chambres d'images réelles (des actualités ou de smartphones) des rues qui s'embrasent et filme ses deux gynécées – une famille sans père et une maison close –, comme deux cocons faussement protecteurs. On retiendra de ce premier film son portrait trouble d'une adolescente (formidable Manal Issa) qui se construit contre la peur et le patriarcat, et sa sensualité, son onirisme ouaté, évoquant "les Mille et Une Nuits".

Nicolas Schaller

♥♥ "Paul Sanchez est revenu !", par Patricia Mazuy. Comédie dramatique française, avec Laurent Lafitte, Zita Hanrot, Philippe Girard (1h51).

Panique à la gendarmerie d'Arc-sur-Argens : Johnny Depp a été surpris sur le bord d'une route avec une prostituée ! Le correspondant local de BFM flaire un scoop. "Paul Sanchez est revenu", lui répond un képi pour noyer le poisson. La rumeur se propage alors qu'un type patibulaire (Laurent Lafitte) erre dans la région au volant d'une estafette de vendeur de piscines. Serait-ce le fameux Sanchez, qui, il y a dix ans, a tué femme et enfants avant de disparaître dans la nature ? Marion (Zita Hanrot), jeune gendarme ambitieuse, enquête.

Sur le papier, c'est emballant : un faux thriller mâtiné d'humour à la "P'tit Quinquin", inspiré de l'affaire Dupont de Ligonnès, sur les fake news et la misère sociale dans les zones périurbaines du Var filmées comme un décor de western. Sur l'écran, entre la platitude de l'image vidéo et les ruptures de ton cavalières, le film de Patricia Mazuy ("Saint-Cyr") est plus ingrat. La proposition, singulière et pile dans l'époque, vaut néanmoins le détour.

Nicolas Schaller

♥♥♥ "Ant-man et la guêpe", par Peyton Reed. Film de super-héros américain, avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña (1h58).

Sexy, adepte de l'auto-ironie, fan de Morrissey et sage parmi les sages puisque sachant que la taille (il peut moduler la sienne du minuscule au gigantesque) ne compte pas, Ant-Man est le plus cool des super-héros de la galerie Marvel. Ce deuxième épisode, aussi alerte que le premier, riche en effets spéciaux bluffants et en second degré, milite pour l'égalité homme-femme (la Guêpe, sa partenaire de justice, n'a rien d'un faire-valoir), et voit débarquer la magnifique Michelle Pfeiffer dans la saga. Pourquoi bouder son plaisir ?

Xavier Leherpeur

C'est raté

"Fleuve noir", par Erick Zonca. Polar français, avec Vincent Cassel, Romain Duris, Elodie Bouchez (1h54).

Malgré toute la sympathie qu'on peut avoir pour Zonca, bourlingueur, autodidacte, réalisateur tardif (à 42 ans, en 1998, il signe le super "la Vie rêvée des anges"), force est de constater que son nouveau film est décevant. Visconti (Vincent Cassel), flic usé, râleur, alcoolo, enquête sur la disparition d'un adolescent, alors que son propre fils deale du shit. Contre sa hiérarchie, contre ses propres démons, et alors qu'un personnage étrange, prof maniéré un peu homo qui rêve de littérature, joué par Romain Duris, s'insère dans les recherches, Visconti va poursuivre son chemin. Scènes répétitives, direction d'acteurs discutable (Cassel en néo-Jouvet), longueurs… Visiblement, le réalisateur maîtrise mal son histoire, dommage.

François Forestier

 

 

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