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FILMS A VOIR DANS LES SALLES EN CE MOMENT

LES FILMS A VOIR CETTE SEMAINE

"Solo. A Star Wars Story", "Bienvenue en Sicile"..

"Gueule d'ange", "le Ciel étoilé au-dessus de ma tête", "Mutafukaz", "le Cerveau des enfants", "Frontières","Manifesto". Ils sortent tous en salles ce mercredi 23 mai. "L'Obs" vous aide à choisir.

 

♥ "Solo. A Star Wars Story", par Ron Howard. Film de SF américain, avec Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke, Donald Glover (2h15).

Et c'est reparti pour un tour de manège. N'espérez pas le grand huit, on est aux autos tamponneuses. "Solo. A Star Wars Story" fait partie des spin-off de la saga "Star Wars", ces films sur les histoires qui sont parallèles au grand récit principal. Le précédent, "Rogue One", plutôt réussi, racontait la naissance des forces rebelles. "Solo" revient sur la jeunesse de Han Solo, le mercenaire cool immortalisé par Harrison Ford, interprété ici par Alden Ehrenreich.

Parmi les rumeurs entourant le film et sa genèse désastreuse, qui a mené à l'éviction des réalisateurs Phil Lord et Chris Miller ("la Grande Aventure Lego"), remplacés au pied levé par Ron Howard ("Da Vinci Code"), celle selon laquelle la prestation de l'acteur posait problème ne se vérifie pas. Sans non plus être invalidée à l'écran. Ehrenreich convainc mollement et sourit tout le temps, l'air de dire "rien n'est grave", faute de comprendre ce qu'il fait là. Les dialogues n'aident pas : "On prendra un Starliner du statioport de Coronet." Mais aussi : "A mon signal, noie l'admission et passe en bilatéral." Ou encore : "Le coexial brut déraffiné devient instable."

Pas de spoilers ! L'intrigue n'ayant pas grand intérêt, pourquoi s'embêter à la résumer au risque de gâcher la surprise aux fans. Ils seront contents d'assister à la rencontre de Han Solo avec le fidèle Chewbacca et avec son frère ennemi Lando Calrissian (Donald Glover, au charisme éteint), de découvrir comment il a hérité de son vaisseau, le fameux "Faucon Millenium", et seront rassurés de vérifier que c'est bien lui qui tire le premier. Fan service minimum.

Ni fun ni emballant, le film est noyé sous une musique assourdissante. Il manque d'enjeux dramatiques et surfe sans inspiration sur le contexte géopolitique (héros exilés, régions pauvres exploitées pour leurs ressources naturelles par des corporations avides de profit). Woody ­Harrelson assure, Emilia Clarke (Daenerys dans "Game of Thrones") se fait toute petite. La dernière demi-heure redresse un peu la barre, on la croirait réalisée par un autre.Produit sans magie ni saveur, "Solo" renoue avec les racines serials de la saga : il rappelle ces westerns de série B ineptes que Hollywood usinait à la chaîne au milieu du siècle dernier pour remplir les salles. Une série B au budget de 200 millions de dollars.

Nicolas Schaller

 Les sorties

♥♥♥ "Bienvenue en Sicile", par Pierfrancesco Diliberto. Comédie italienne, avec Pierfrancesco Diliberto, Andrea Di Stefano, Miriam Leone (1h39).

Tout ce qu'on aime dans la comédie italienne : les petites gens, l'absurde des situations, le rire bon enfant. Ici, en 1943, Arturo, garçon sympa immigré aux Etats-Unis, veut se marier avec Flora, mais celle-ci a déjà été promise à un mafieux notoire, bras droit de Lucky Luciano. Une seule solution : aller en Sicile – avec l'armée américaine qui se prépare à débarquer là-bas – pour demander la main de la jeune fille. L'ennui, c'est que la Mafia aide les GI à planifier l'attaque… Pour Arturo, les ennuis commencent.

C'est chaleureux, et quelques scènes sont réellement mémorables (le fan de Mussolini qui prie devant la statue du Duce). L'histoire, paraît-il, est vraie, et le film a remporté un grand succès en Italie. Mérité.

François Forestier

♥♥ "Gueule d'ange", par Vanessa Filho. Comédie française, avec Marion Cotillard, Alban Lenoir (1h52).

Vanessa Filho est une touche-à-tout, à la fois photographe, vidéaste et musicienne. Après quelques courts, elle signe un long-métrage de près de deux heures. Premier constat, elle peine à tenir la distance. Non sans marquer un territoire de cinéma où la fébrilité de la mise en scène fait écho à celle de ses deux héroïnes. Une cagole extravertie et toxique (Marion Cotillard, très impliquée mais parfois en surjeu) abandonne un jour sa petite fille, enfant malmenée mais vouant à sa mère un amour absolu et mimétique. Une passion impossible, scrutée par un scénario pesamment psychanalytique auquel la caméra, chaotique et fusionnelle, apporte une fougue qui bouscule le spectateur, mais est aussi trop systématique.

 Xavier Leherpeur

 

♥ "Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête", par Ilan Klipper. Comédie française. Avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto (1h17).

Bruno Weintraub (Laurent Poitrenaux) passe ses journées en slip à divaguer et à procrastiner dans l'appartement où il cohabite avec une ravissante Femen (Alma Jodorowsky), quand il ne couche pas avec d'occasionnelles maîtresses. Il séduirait bien Sophie (Camille Chamoux), l'inconnue qui s'invite à l'improviste chez lui, mais celle-ci est psy : elle a été conviée par les parents et des amis de Bruno qui s'inquiètent de le voir vivre ainsi depuis le triomphe critique de son unique roman, "le Ciel étoilé au-dessus de ma tête", il y a vingt ans. L'idée est amusante de confronter la folie qui guette un artiste bohème volontairement marginalisé, victime du contrecoup de l'hypermédiatisation, et celle qui affleure des diktats normatifs de l'époque et de nos relations aux autres. Las ! Ce huis clos psy-comique en intérieur capharnaüm partage avec son protagoniste un goût pour le dilettantisme et l'entre-soi bordélique qui confine au je m'en-foutisme.

Nicolas Schaller

 

 

"Mutafukaz", par Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard. Dessin animé japonais (1h33).

Pour ceux qui aiment les mangas, le spectacle parfait : stylisme bien reconnaissable, action ultraviolente, univers fantastico-délirant, fumette conseillée. Pour ceux qui sont réticents, je résume : le héros, Angelino, vit à Dark Meat City et traîne dans un lumpen-quartier. Après un choc sur la tête, le voilà traqué par des hommes en noir… Tiré d'une bande dessinée célèbre, le film suit les prescriptions du genre. Disons que c'est au cinéma ce que NTM est à Mozart. C'est laid et bêtement gore.

François Forestier

 

♥♥ "Le Cerveau des enfants", par Stéphanie Brillant. Documentaire français (1h30).

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le développement mental de votre bébé. Stéphanie Brillant examine de nouvelles pistes pour offrir une meilleure façon d'élever les enfants, afin de profiter de leur potentiel. Le film débute sur les explications du Dr Shore, qui nous fournit les clés du fonctionnement du cerveau. A partir de là, tout est possible. Chacun trouvera dans ce documentaire sa pépite : comment gérer les colères, enseigner avec efficacité, prendre en compte les échecs, etc. C'est un peu le mode d'emploi neuro des bébés. Fascinant, certes, mais destiné à un public bien spécifique.

 François Forestier

 

♥ "Frontières", par Apolline Traoré. Comédie dramatique française, avec Amélie Mbaye, Naky Sy Savane (1h30).

Trois femmes embarquent à bord d'un bus en route vers le Nigeria. Sans se connaître, elles vont apprendre à se soutenir durant ce trajet transfrontalier au cours duquel elles éprouveront la corruption, la violence et le patriarcat africain. Un road-movie qui collecte un peu trop scolairement tous les problèmes politiques, sociaux et économiques de ce continent en mutation. Mais l'angle féministe revendiqué par la réalisatrice confère au film une complexité plus profonde et un soupçon d'humour qui atténue, sans l'édulcorer, la préoccupation de son auteure.

Xavier Leherpeur

C'est raté

"Manifesto", par Julian Rosefeldt. Fiction expérimentale allemande, avec Cate Blanchett, Ruby Bustamante (1h38).

Il n'est pas sûr que sortir ce film – sorte d'installation absconse pour musée d'art moderne – quelques jours après la fin du Festival de Cannes soit la plus élégante façon de rendre hommage à celle qui en fut la présidente. On peut imaginer qu'en tant que femme intellectuelle et engagée Cate Blanchett a été séduite par le projet de ce cinéaste allemand lui proposant d'interpréter treize personnages aussi différents qu'une SDF, une journaliste ou une femme discutant avec son double en marionnette.

Chacune interprétant les pensées d'auteurs du XXe siècle (Jim Jarmush, Lars von Trier ou Yvonne Rainer), réflexions parfois datées et inégalement pertinentes sur la pensée, la culture et les idéologies de notre époque. A la fin, c'est aussi vain qu'artificiel, aussi prétentieux qu'inopérant. On se contrefout des textes cités, on s'énerve de tant de talent gâché et, surtout, on vérifie que dans conceptuel il y a "con".

Xavier Leherpeur

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