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NOUS SOMMES LE 18 DECEMBRE

 

Après l'acte 5 des "gilets jaunes" : "On va passer Noël sur le rond-point"

Ils sont venus manifester à Paris. Malgré la faible affluence, ils comptent poursuive le mouvement. Voici pourquoi...

Elle a quitté son rond-point à Beauvais qu’elle occupe depuis le début du mouvement. Valérie est à nouveau venue à Paris. Avec ses amis, ils se tiennent un peu à l’écart de la place de l’Opéra. "On en a marre de se faire gazer", dit cette gardienne d’immeuble de 51 ans, qui était sur les Champs-Elysées samedi dernier. Elle porte fièrement son gilet jaune "contre les taxes, contre le gouvernement, contre les politiciens qui sont des menteurs".

"Réduire les dépenses de l'Etat"

Ni elle ni ses amis n’ont l’intention de l’enlever. "On va passer Noël sur le rond point." Quand un autre gilet jaune, portant une grande barbe de père Noël passe à côté d’elle, Valérie crie "Voilà Macron, il va nous donner 100 euros". Elle sourit. Elle est "smicarde", mais elle ne croit pas au miracle : "On sait que cette augmentation va être financée avec nos impôts, ce qu’il nous donne là, il le reprendra ailleurs." Sa fille de 23 ans vit chez elle, elles ne "mangent pas de la viande à tous les repas. A partir du 10 du mois, on n’y arrive pas". Alors, elle va continuer à se battre.

"Je demande un droit de regard sur les dépenses de l’Etat. Il faut tout remettre à plat. Il faut que des 'gilets jaunes' contrôlent les dépenses et en finissent avec le gaspillage. Je me suis toujours dit que tant qu’on ne serait pas gouverné par quelqu’un qui a le même salaire que nous, ça n’irait pas."

Pour ces gilets jaunes, le président de la République n’a pas accédé à leur aspiration démocratique. Alors Valérie, Juliette, Julien et les autres vont retourner sur leur rond-point. Ils ont encore de l’espoir. "Mon idée, c’est de continuer. Les copains de Macron vont commencer à le mordiller. Ils ne vont pas lui dire de partir, mais ses amis ne vont plus être ses amis." Celle qui se présente comme "une française révoltée"  aime la fraternité des ronds-points, la curiosité qui s’émousse au fil des discussions. Rien que pour ça, elle remercierait Emmanuel Macron : "On trinque à sa santé, il nous a permis de nous retrouver, nous le peuple français."

"Macron démission"

Devant les marches de l’Opéra, Rodolphe et ses amis sont déçus de ne se découvrir qu’un petit millier. Venu d’à côté de Bourges, ils étaient déjà montés à Paris "pour l’acte II et l’acte III ". L’acte V pourrait être celui de la fin.  Ils n’ont pas été convaincus par les annonces du président. "C’était de la Commedia Dell Arte. Il n’a fait que nous donner des miettes", dénonce le mécanicien de 30 ans. Ils auraient aimé obtenir "un meilleur pouvoir d’achat, une réduction des taxes". Ils auraient voulu qu’il "pense aux petits, les petits qui nourrissent les gros". Autour d’eux, les gens hurlent "Macron démission". Rodolphe n’est pas sûr que ce soit la solution.

"Je veux qu’il parte, mais si c’est pour mettre Marine Le Pen à sa place, je ne vois pas l’intérêt."

Sur la place de l’Opéra, on croise quelques figures médiatiques des "gilets jaunes". Jean-François Barnaba ne croit pas que ce soit la fin. "La France s’est levée. Elle n’est pas prête de se rasseoir." Qu’est-ce qui pourrait éteindre cette colère ? "Il faudrait un changement de cap complet. Ce gouvernement n’est pas prêt à ce changement. Ses intérêts particuliers sont contraires à ceux du peuple."

De nombreuses pancartes font référence au "RIC ", le référendum d’initiative citoyenne. Laëtitia Dewalle, leader des "gilets jaunes" dans le Val d’Oise est une figure du mouvement. Pour elle, la mise en place de ce référendum "un vrai, vraiment citoyen" fait partie des quatre revendications qui devraient être obtenues pour se retirer des ronds-points. Les trois autres sont "une assemblée nationale citoyenne pour qu’on ait directement la parole et qu’on décide à quelle sauce on va être mangé", "la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité" et une "réduction drastique des dépenses de l’Etat". Pas moins de services publics, mais arrêter les privilèges à vie, les retraites des députés, des ministres. "Il faut qu’ils montrent qu’ils peuvent descendre."

Sur le dos de son gilet jaune, la leader du Val d’Oise a écrit à la main "LAETITIA 37 ans auto entrepreneuse en couple  3 enfants 2300 euros/ 5 personnes Moins de 2 euros/personne/jour Pour manger/s’habiller/ Noël !!"

Un air de nuit du 4 août

Quelques heures plus tard, dans le Marais, un cortège de gilets jaunes improvise une manifestation. Le contraste est saisissant, dans ces rues chics où les passants font leurs courses de Noël. Les "gilets jaunes" crient "bougez-vous le peuple !"  "nous sommes le peuple ! "ou "Macron, rends la moquette. Macron rends le pognon". Une commerçante leur souhaite "bon courage", des voitures klaxonnent sur leur passage, par solidarité. Thao ferme le banc, un immense drapeau français à la main. "Tout le monde se révolte, il ne faut pas louper cette chance", raconte ce ferronnier de 30 ans.

Elle a écrit sur le dos de son gilet jaune "je pense donc j’y suis". Fonctionnaire de 45 ans, Stéphanie est venue de Seine et Marne défiler avec sa mère :  "ca a fait des années que j’attendais la Révolution. Ce système est véreux, ça fait des années que c’est comme ça." Elle attendait la Révolution, mais elle ne venait pas. Puis est arrivé Emmanuel Macron. "Avant, on nous enculait avec de la vaseline, ça passait. Mais sans vaseline, ça ne passe pas." Elle regarde si on note ce qu’elle vient de dire. "Vous ne l’écrirez pas ?", s'inquiète sa mère, Annie, une retraitée de 71 ans qui a travaillé dans les transports. Elle nous l’a dit. On l’a écrit. 

La mère détaille les raisons de la colère. "On nous prend 1,7 points de CSG, on ne revalorise pas nos pensions, alors qu’on a travaillé 40 ans. Mais les députés, les ministres, les présidents se font entretenir par nos impôts. Quand un salarié est licencié,  il pointe au chômage. Mais un président, quand on ne vote plus pour lui, on le nourrit à vie."  Il flotte un air de la nuit du 4 août. "Il faut la fin des privilèges. C’est nous qui les engraissons." Le cortège  crie : "Paris, Paris, soulève toi." Il s’engouffre dans la rue de Rivoli. Direction, la Bastille. Forcément, la Bastille.

Cécile Amar

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Commentaires

  • Sebastien Madagascar
    • 1. Sebastien Madagascar Le 01/03/2017
    QUEL LACHE ET QUEL MENTEUR CE FILLON!!!!!...........PIRE QUE TOUS.
  • Sebastien Madagascar
    • 2. Sebastien Madagascar Le 19/02/2017
    Quel connard et les connes et cons qui ont voté pour cet inculte!

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